Les filles au semi de Lyon

Nous étions environ 200 filles en rose à courrir ce semi sous la pluie, en participant au projet de la team 210 initiée par Cathy Dubois, notre vedette villeurbanaise et membre de la toute nouvelle équipe de France de Trail.
Julie a emmené dans son sillage une partie de son fan club, aurel, brigitte, laurence, camille, flo et isabelle.
Reportage photo et vidéo assuré par Thanh et Gunther sur un parcours concentré autour du Parc de la Tête d’Or et de la Feyssine… mais qui nous a permis de croiser quelquefois la tête de course !

Le grand retour de Coach Ali… and co!

Un week-end qui s’annonce riches en évèments (donc plein de photos sur ce blog la semaine prochaine !) avec le programme suivant :

Tous vos messages sont bienvenus pour la reprise de notre saison de rouleurs/coureurs.

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Julie au Raid du Mercantour 2009

Nous étions 2 équipes à participer au raid du Mercantour :
* Romain et Audrey (avec qui je m’entraine également souvent à l’ASVEL)
* J’ai de mon côté, fait équipe avec David dont voici le compte rendu :

Préambule
Nous avions prévu avec trois amis de nous retrouver pour faire une course ensemble dans les Alpes-Maritimes. Nous avons choisi de nous inscrire au Raid du Mercantour Aventure en formant 2 équipes mixtes. Tous trois pratiquent trails, course de longue distance ou raid. J’avais a mon actif le Raid du Mercantour il y a deux ans et suis plutôt entrainé a courir sur distance courte (10 kms), et ça risquait de se voir…

Samedi

Section VTT (La Brigue -> Tende)

Départ 10h30 pour 23kms de VTT. On part de la Brigue tranquillement, en essayant d’imprimer un rythme qui nous permet mine de rien de rattraper ceux qui sont partis trop vite d’entrée de jeu.
On fait le choix d abandonner une balise optionnelle (bonus 60 minutes), considérant qu’on avait plus a y perdre.
Un petit raté en orientation nous fait manquer le chemin qui nous mène a Tende et nous force a faire qq centaines de mètres inutiles… dommage, mais heureusement peu préjudiciable (1er avertissement?).

Via ferrata (Tende)

Le VTT nous amenait a Tende, ou nous déposions nos vélos pour prendre notre équipement de via ferrata.
La montée vers le départ de la via me donne qq indices quant a la forme olympique de ma partenaire lorsqu’il s agit de marcher en montagne, contrastant avec mes difficultés ds le mm domaine. Peut être aurais-je du préparer un tel Raid en faisant en sorte que ma dernière randonnée ne remonte pas à deux ans plus tôt…
Une fois arrivés au départ, nous arrêtons le chrono officiel du Raid, la partie via ferrata étant banalisée.
Nous entamons la via ferrata de Tende. Peu après la pluie (annoncée) fait son entrée sur le raid. Seules qq équipes s engagent derrière nous. Pour les autres, il faut rejoindre à pied l’arrivée de la via ferrata pour redémarrer le chrono. La via ferrata sous la pluie était une expérience nouvelle pour moi, pas forcement agréable. Mais à y réfléchir, je ne regrette pas de l’avoir faite puisque les autres équipes ont du monter au départ, redescendre chercher le sentier qui les mène a l’arrivée, monter ce sentier et le redescendre. N’étant pas vraiment spécialiste du trail, je préféré avoir fait la VF. Une fois au bout, on profite de la banalisation de cette section pour récupérer, s’alimenter, avant de ré-enclencher le chrono. Nous sommes parmi les dernières équipes passer par la, puisque bcp de monde nous est passé devant en ne faisant pas la VF ou en sortant au milieu par une échappatoire. Cela dit ces équipes nous ont doublé sur la partie non chronométrée, donc ça ne veut rien dire du tout.
Nous redescendons à Tende déposer la matériel de VF puis partons en mode trail, direction la Brigue.

Trail (Tende -> La Brigue)

L’impression ressentie lors de la montée a la VF se précise lors de cette section trail (environ 8kms) : ma partenaire est TRÈS en forme et devra trainer le boulet que je suis en marche en montagne à chaque section trail. C’est elle qui prend les choses en main, elle va chercher les balises lorsqu’elles sont en retrait du chemin pendant que j’en profite pour récupérer. Les parties plates et descendantes nous permettent d aller à la mm vitesse, pour une arrivée à la Brigue après un trail qui m’a personnellement entamé.

Tir (La Brigue)

L’arrivée à la Brigue nous propose une épreuve de tir, couché avec appui sur un chevalet (on doit pas pouvoir faire plus simple), ou chaque équipier doit tirer 5 fois pendant que l’autre recharge.
Julie : 5/5
David : 0/5 …. Comment dire… Je n ai pas d’explication…
Heureusement les pénalités au tir sont ridicules.. Il s’agit, malgré 5 erreurs, de courir environ 100m.

Trail optionnel (autour de la Brigue)

Le chrono continue de tourner et pendant que nous profitons de l’arrivée au point central du raid pour récupérer et nous alimenter, nous devons faire un choix.
Trois balises sont a prendre au-cours d’un trail en montagne. Cependant, il faut que le temps qu’elles rapportent soit supérieur au tps que ça coute d’aller les chercher. Nous décidons après un coup d’œil sur la carte qu’aller chercher seulement la plus proche semble être le bon compromis… C donc reparti pour un trail (<=> une galère pour moi) qui va nous prendre 40 minutes. Ça nous rapportera une heure de bonus. Avec le temps passé à hésiter/se reposer, s’assurer qu on a bien interprété le règlement, ça nous fera un gain net de 15 minutes.
Le retour a la Brigue après environ 6h d effort nous permet de nous reposer, boire une bière, se détendre. A partir la, une grosse pluie orageuse s est abattu. On voyait des concurrents lessivés rentrer du trail. Certains, vraiment en échec sont allés chercher 2 balises, n en ont trouve qu’une. Ils accusent donc une grosse perte de temps et de fatigue inutile…

DETENTE (Tende)

Le prochain rdv est la CO de nuit dont le départ est a 20h30. Cela nous offre du temps pour aller au camping et installer notre bivouac a Tende. Le repas du soir n’étant pas prévu par l’organisation nous avions acheté de quoi nous restaurer. Étant donnés les conditions météo et le temps qui nous était imparti, nous décidons finalement de nous offrir un bon plat de pâtes bolognaise dans un petit restaurant de Tende ==> CHOIX GAGNANT !!!

CO nocturne (La Brigue)

Principe: les équipes partent toutes les minutes dans l’ordre du classement provisoire (les premiers en premier). On leur fournit une carte en 2 exemplaires avec 10 balises a récupérer, éparpillées dans le village et un peu en dehors. Il y a 2 ans, c’était l’un de mes meilleurs souvenirs du Raid. Ça restera encore le meilleur souvenir cette année.
Nous sommes a ce moment la 17eme au scratch. Les pâtes bolognaises m ont redonne des forces, et l excitation que procure cette épreuve fait oublier toutes les courbatures. J ai retrouve une grosse forme ce qui me permet de courir comme un têtard vers les balises pendant que ma partenaire observe la carte pour déterminer la direction a prendre pour atteindre la suivante. A part une balise qui nous a pose problème (on a galèré a trouver le chemin pour aller au cimetière :) ), on ne perd pas de temps pour trouver les balises, et je me sens bien plus à l’aise dans un effort court de vitesse que dans un trail sans fin… On arrive a la fin de cette épreuve en même temps que l’équipe qui nous précède au classement mixte (et qui était donc partie qq minutes avant nous). C’est un signe super encourageant et on va se coucher avec un moral d acier après cette belle réussite !

Dimanche

Section VTT (La Brigue -> Morignole)

Départ 6h30… sans commentaire…
Il fait encore nuit a la Brigue lorsque toutes les équipes s’élancent. Fait amusant: tout le monde a repéré la route a emprunter pour rejoindre la 1ere balise, mais les concurrents se divisent en deux groupes pour traverser le village et la rejoindre. Imaginez une ligne de départ, ou au moment du « PARTEZ » la moitie des concurrents part dans un sens et l’autre moitie dans la direction opposée!
Nous montons au train dans un bon rythme qui nous permet de doubler plus que d’être doublés jusqu’à la première balise. Je file la valider pendant que ma partenaire choisit le chemin a prendre. Nous sommes un peu plus lents en descente qu’en montée par rapport aux concurrents avec qui nous roulons. Mais a partir de ce moment nous roulons tout le temps avec les mêmes personnes. Ils nous distancent légèrement en descente mais nous les reprenons voire les doublons en montée. Ils nous disent qu’ils sont respectivement 9-10-11 ème au classement provisoire scratch… et nous leur tenons la dragée haute en VTT ! Très encourageant !
Nous prenons une option sous-optimale pour descendre vers Morignole (carton jaune en orientation ?) et rejoignons ce village pour le départ du trail suivant.

Trail (autour de Morignole)

Nous estimons qu’il faut mieux faire ce trail plutôt que de prendre les 2h30 de pénalité des deux balises qu’il faut prendre a cet endroit.
Ma souffrance recommence en trail, pendant que ma partenaire galope joyeusement sur ces sentiers montagneux. Nous (surtout elle) atteignons la première balise. Nous croisons nos amis qui font le trail dans l autre sens (les 2 options se valaient). On leur donne qq indications sur la balise qu’on a prise, eux font de même sur la leur. Malheureusement, nous nous trompons de chemin entre ces 2 balises… Nous montons BEAUCOUP trop en ratant une intersection (VOILA LE CARTON ROUGE!!!!).
Sur la carte de l’échec ci-dessous, les chiffres entourés de jaune correspondent à des panneaux mis en place par le conseil général. Nous n’avons pas vus le 281; il a fallu que nous atteignions le 282 pour nous rendre compte de notre erreur… Même après le demi tour, nous n avons pas vu le 281, ni le chemin qui nous ramenait sur le bon sentier… Nous avons donc décidé de descendre le long d un vallon, hors sentier, pour nous épargner le demi tour complet. Ça faisait un petit moment que ce qui me faisait marcher était la perspective du podium… Après cette erreur, convaincu de l’avoir perdu, je n’avais plus des masses envie de marcher/courir et c’est pour cette raison que nous avons pris ce « raccourci ». En plus nous avons été rassurés par la présence d’une balise (dédiée au parcours extrême) qui nous faisait dire que l’endroit était à peu près praticable.
Une fois le chemin atteint nous revoilà en route. Le fait de tomber sur la balise suivante (point bleu près du repère 280, poteau lui aussi fantôme d ailleurs) nous redonne le moral. Encore une fois c’est ma partenaire qui monte la chercher.
Nous redescendons et apprenons qu’il est trop tard pour aborder le canyon.

090905_raid_mercantour_carteechec_small
La carte de l’échec

Légende de la carte de l’échec :

  • gros point bleu : départ
  • petits points bleus : les balises a prendre
  • en pointilles bleus: le chemin a prendre (nous l’avons pris dans le sens horaire, a notre gré)
  • en pointilles rouge: le détour qu on a pris
  • à noter, les charmantes lignes couramment appelées lignes de niveau entre le chemin qu’on a pris et celui qu’on aurait du prendre…

Canyon (Morignole)

Pas grand chose a dire… Nous arrivons après l’heure limite pour le faire; pas de canyon et 2h de pénalité. Nous reprenons les vélos, direction la Brigue (5kms de route, descendant)

Tir (la Brigue)

Tir couché encore une fois, mais sans l aide du chevalet
Julie : 4/5
David : 4/5 C’est mieux cette fois !!!! Par contre je n ai vraiment aucune explication pour le gros échec de la veille du coup

CO (la Brigue)

A mon avis cette dernière partie était vraiment superflue. On doit faire le même exercice que la veille (récupérer des balises dans le village de la Brigue) à la nuance près que l’ordre nous est imposé. C’est vraiment fade de faire ça dans un village qu’on a parcouru tout le WE, en particulier la veille pour une CO de nuit beaucoup plus excitante. On joue évidemment le jeu, parfois aidés par un jeune du village qui a passé son après-midi à chasser les balises avec les concurrents et qui connait leur emplacement. Une fois les 10 balises ramassées, il ne nous reste plus qu’à revenir sur la place centrale du village pour la dernière validation, mettant ainsi fin à cette journée et à cette course…

Arrivée et Bilan

Nous terminons 29eme/37 au scratch avec comme seule satisfaction d’avoir offert la 3ème place Mixte à nos amis.
Je suis vraiment ravi d avoir fait cette course, très bien organisée, dans un cadre génial. Les raids aventures multisports sont vraiment pénibles à gérer logistiquement pour l’organisation et le sont aussi pour les concurrents, avec le stress de se retrouver a faire un trail avec des chaussures de vélo, ou de se retrouver à porter des chambres à air et une pompe en trail, etc. Malgré cela c’est vraiment valorisant d’arriver au bout en regardant les épreuves qu’on a enchainées.

J’avais la chance d’avoir une partenaire avec qui ça a bien marche tout le long, et dont la forme physique m’a épaté. On avait physiquement de quoi monter sur le podium étant donné le rythme qu’on avait tout au long des épreuves de vtt et de trail. Malheureusement on commet une énorme erreur, et on n a pas toujours pris les chemins les plus judicieux tout au long du parcours. Il y a vraiment de la place à l’amélioration de ce coté là. Mon bilan personnel ? si je m’engage de nouveau sur ce genre d épreuve je dois :

  • éviter le match de foot 2 jours avant, qui donne une grosse ampoule sur le pied et réveille une vieille douleur au genou
  • faire plus de rando et de courses longues en préparation pour pas être à la rue en trail
  • plus de vtt ne me ferait pas de mal non plus
  • apprendre a collecter plus d indices à la lecture d une carte. En particulier être capable non seulement de se dire « je suis la parce que j’ai tel et tel repère », mais également savoir se dire « je ne suis pas la, la ou la parce que… »
  • utiliser des vêtements de sport adaptés. Le short pourri/T-shirt en coton, non seulement ça fait passer pour un touriste, mais C très chiant quand on est trempes par la pluie ou la transpiration. De la même façon si tout le monde utilise des chaussures de trail, ça doit surement être lié au fait qu’ils ont pas envie d’être aussi défoncés que le touriste avec ses pompes de running à semelles souples les jours suivants.
  • prévenir le conseil général du fait que le Big Foot du Mercantour a dévoré les bornes 280 et 281 :-)

David, heureux co-équipier de Julijolie sur le raid du Mercantour été 2009.

Aurel s’essaie au triathlon

J’ai fait mon premier triathlon hier avec Juliette, à Aubonne, avec une 3ème place dans ma catégorie Elite Femme (2h21′).

  • natation 400 m – 7 min (avec changement pour velo)
  • velo 46 km en 1h36
  • course 7 km en 37′

Pour faire simple : j’ai « kiffe » le triathlon et je veux trop en refaire. Je compte d’ailleurs m’inscrire au triathlon clud de Nyon !

UTMB 09 : au bout de moi-même, autour du Mont-Blanc

C’est très beau… prenez 5 minutes pour le lire… en tous cas, moi j’ai adoré son histoire !
Aurélie

Jean-Philippe Lefief est journaliste au service d’informations générales de l’agence Reuters à Paris. Il a participé du 28 au 30 août à l’Ultratrail du Mont-Blanc (UTMB) (166 km, soit la distance de quatre marathons et 9 400 mm d’ascension). Il raconte son aventure ci-dessous.

Au bout de moi-même, autour du Mont-Blanc…

Dans le peloton, on dit que la première moitié d’un « ultramarathon » se court avec les jambes, la seconde avec la tête.

C’est maintenant que j’aimerais le vérifier.

Samedi 29 août

Il est 08h00 (06h00 GMT) et, pour moi, c’est la mi-course. Je quitte Courmayeur en petites foulées, les cuisses encore brûlantes, malgré les quelques minutes de répit que je me suis accordées pour mettre des vêtements propres et faire peau neuve, après les 78 premiers kilomètres de l’Ultratrail du Mont-Blanc (UTMB).

Cette grande boucle de 166 km avec 9.400 m d’ascension, soit la distance de quatre marathons et deux fois le dénivelé positif de l’Everest en partant du camp de base, suit à peu près le sentier que les bons marcheurs parcourent en une semaine. Trois pays traversés (France, Italie, Suisse), une seule étape jalonnée d’une trentaine de ravitaillements, un temps limite de 46 heures et le décor est planté.

Comme 2.285 autres doux dingues – dont 179 femmes – venus de 55 pays pour se frotter à ce « sommet mondial de la course nature », qui se veut également une référence en matière de respect de l’environnement et de lutte antidopage, je suis parti de Chamonix la veille, à 18h30, dans une ambiance digne du Tour de France.

Quatorze heures et bientôt 80 km plus tard, les trois premiers cols, un brouillard à couper au couteau et le vent glacial qui balaye les alpages au-dessus de 2.000 m ont eu raison de la belle énergie du départ, d’autant que mon appareil digestif a tardé à trouver le rythme. Sur une telle distance, les réserves ne suffisent évidemment pas.

Le « protocole alimentaire » et l’assimilation, première cause d’abandon, sont l’une des clés du succès. De ce côté-là, je pense être plutôt bien rôdé. Avec cinq ans d’expérience et une vingtaine d’ »ultras » (au-delà du marathon), dont deux tentatives infructueuses à l’UTMB, je sais à peu près ce qui passe et ce qui coince.

Cette fois, pourtant, mon intestin, que je considérais comme mon allié le plus fidèle, s’est rebellé. Les spasmes, avivés par le froid (on flirte avec le zéro à 2.500 m), m’ont vrillé l’abdomen pendant les six premières heures de course, cette nuit.

UN SEUL OBJECTIF : FINIR

Ces spasmes ne sont plus qu’un mauvais souvenir, chassé par le jour et quelques comprimés, mais la fatigue, elle, est toujours là. J’essaie de la dissiper en me remémorant les images des premiers rayons de soleil sur le versant italien du Mont-Blanc, mais elle est bien présente. Il va falloir composer, ne pas la brusquer et espérer qu’elle se fasse oublier.

En attendant, c’est mon ego que je m’efforce d’oublier en cédant le passage à d’autres, plus frais, dans la montée de Bertone, immédiatement après Courmayeur. A petits pas et le souffle court, je finis pourtant par en venir à bout.

Une minute pour avaler une soupe, un soda bien sucré que je m’interdis d’ordinaire, quelques tranches de banane et je me lance dans le grand « balcon » du Val Ferret, sur un long sentier à flanc.

Ici, pas de grand dénivelé. Ceux qui ont su garder des forces peuvent enfin allonger la foulée et creuser l’écart sur le gros du peloton. De mon côté, je mise sur l’avenir, bien décidé à me refaire une santé, et je les regarde disparaître sans amertume.

Après deux tentatives infructueuses, donc, je ne vise qu’une chose : finir. Plus question de performance. Les premiers sont passés cinq heures plus tôt et je pointe aux alentours d’une 300e place satisfaisante pour un « coureur de plaine ».

Je décide donc de marcher sur les 12 km qui me séparent d’Arnuva, fond de vallée en forme de poste avancé au pied du Grand Col Ferret. Pour beaucoup, c’est l’ogre de l’UTMB : une rampe de 16% de moyenne, qui mène à 2.537m, point culminant de la course, au 99e kilomètre.

Les randonneurs entraînés appellent ça une « bavante ». Les coureurs épuisés, un cauchemar. Pour limiter les dégâts : tout « débrancher », ne penser à rien d’autre que mettre un pied devant l’autre et tirer sur les bâtons.

Il me faudra une heure et demie pour atteindre le col, qui marque la frontière italo-suisse, et cette débauche d’efforts ne me vaudra rien d’autre que le vent glacial, qui continue à souffler en altitude.

À CHACUN SON EXPLOIT

Je bascule aussitôt, sans trop forcer l’allure, toujours dans l’attente d’un hypothétique regain de forme, et laisse filer mes compagnons d’ascension. Dans la descente, longue de près de 10 km, j’ai tout le temps d’évaluer la suite et d’envisager mon arrivée, sans doute au bout d’une nouvelle nuit blanche.

Mais la crainte de cette deuxième nuit, à l’origine de mon abandon de l’année dernière, ne me pétrifie plus et l’objectif me semble désormais palpable.

La Fouly (km 108). Il est 15h11. Je suis parti il y a près de 21 heures. Chamonix est encore à 58 km mais je suis maintenant convaincu que je vais y arriver. Les appels réguliers de mes proches me redonnent peu à peu le moral. L’envie de courir revient.

La douleur, très présente en descente au niveau des cuisses et des pieds, s’estompe peu à peu. Une nouvelle course commence! Entre la Fouly et Champex-Lac, je passe 46 coureurs.

Je gagne encore 42 places en écourtant le ravitaillement et en emboîtant le pas aux quelques « miraculés » qui se lancent à petites foulées à l’assaut de l’alpage de Bovine (km 132, altitude 1.913 m). Je les dépose avant le sommet.

La nuit tombe quand je rallie la vallée, à Trient, et je me prends à rêver d’une arrivée avant le jour, pourquoi pas dans les 200 premiers ?

Retour en France. Je passe à Vallorcine (km 145) en 219e position, après avoir survolé Catogne (altitude 2.011 m) dans une euphorie totale, gorgée d’endorphine. La tête a enfin pris le relais et tout va pour le mieux.

Bientôt, la dernière difficulté est là : près de 1.000 mètres de dénivelé sur cinq kilomètres. Une misère face à ma joie d’en finir. Un coup d’oeil pour jauger la pente, où je distingue quelques lampes frontales qui progressent lentement dans les rochers, et je me lance bille en tête.

Une heure et demie d’un chaos de granit, puis le vent, à nouveau, et le doute qui revient, sous les étoiles. Mais Chamonix est là, en bas. Lâchez les freins!

La forêt, les racines, les rochers enchevêtrés… Je peste, mais rien ne peut m’arrêter. Le sol se fait plus régulier. Bientôt, le sentier cède la place à la route et voilà la ville. Il est 03h30 et je file à 15 km/h vers l’arrivée à travers les rues désertes. Encore quelques mètres et c’est la ligne. Enfin!

Je suis 179e en 33h07; pas un exploit, seulement la preuve que tout est possible.

L’Espagnol Kilian Jornet, 21 ans et vainqueur pour la seconde fois consécutive, est passé il y a près de 12 heures. Le dernier, Jean-Marie Bourgeois, 65 ans, en terminera 12 heures plus tard et aura droit à la même ovation.

Près de 40% des inscrits, vaincus par l’épuisement, la douleur ou les problèmes digestifs, ne rallieront pas l’arrivée. Les années précédentes, le taux d’abandon avoisinait plutôt 60%.

TOUT L’ARTICLE ICI >>>

La montagne, jardin des exploits de Kilian Jornet

Kilian Jornet Un très bel article que recommande Brigitte.

On était à Tête aux Vents, au passage de Kilian, 20 heures après le début de la course : en réponse à nos encouragements, il avait encore la force de dire  » merci  » !

« Incroyable et un talent hors norme. »

La montagne, jardin des exploits de Kilian Jornet

L’ARTICLE ici >>> et de BELLES PHOTOS là !!! >>>

Le jeune Espagnol remporte l’ultratrail du Mont-Blanc.

Il est jeune et sage à la fois, allie une fraîcheur d’enfant à la détermination de ceux qui, très tôt, ont appris à se connaître. Au départ, vendredi à Chamonix, en short noir, débardeur blanc et hautes chaussettes, il paraît frêle avec ses 1,71 m et 55 kg. A l’arrivée samedi, après 21 heures et 33 minutes de course, les traits sont tirés, la lassitude trop intense pour sourire. Il a souffert, durant la nuit, du froid, du blizzard et de la pluie glacée, mais ce qu’on voit, derrière la silhouette filiforme, c’est une extraordinaire résistance musculaire et une personnalité singulière : à 21 ans, l’Espagnol Kilian Jornet remporte, pour la deuxième année successive, l’ultratrail du Mont-Blanc (UTMB), une des courses natures les plus dures au monde : une boucle de 166 km autour du toit de l’Europe, 9 400 mètres de dénivelé positif, avec dix cols à plus de 2 000 mètres.

Expérience. L’an dernier, le Catalan avait surpris. Par son temps exceptionnel : 20 heures 56 minutes. Par sa jeunesse surtout, dans une course où la moyenne d’âge des participants est de 44 ans et où l’expérience est déterminante. Le seul avant lui à avoir gagné l’UTMB deux fois, l’Italien Marco Olmo, avait 58 et 59 ans lors de ses victoires.

«Mais Kilian est déjà « vieux » musculairement parlant, souligne Guillaume Millet, chercheur en physiologie du sport à l’université de Saint-Etienne. Et vu ses performances en ski alpinisme, il a un gros « moteur », une grande aptitude à consommer beaucoup d’oxygène en un temps restreint. Il a aussi dû bénéficier du « patrimoine génétique » de ses parents

«Un père guide de haute montagne et gardien de refuge, une mère, institutrice, qui fait du ski et de la course à pied», confirme Kilian Jornet. Jusqu’à douze ans, il a vécu à Cap del Rec, le refuge de son père, à 2 000 mètres d’altitude dans les Pyrénées espagnoles. A 5 ans, il gravit le sommet le plus élevé d’Espagne, à 3 400 mètres d’altitude. A 6 ans, il grimpe à 4 000… «L’hiver, pour aller à l’école, avec ma sœur, on faisait quinze kilomètres en ski de fond

De sa mère Noria, il a hérité le visage fin, les yeux bruns, les cheveux de jais et le goût de la compétition. «C’était un enfant qui cherchait toujours jusqu’où il pouvait aller, en compétition avec lui-même, confie-t-elle. Ça pouvait être dangereux ! Alors on l’a aiguillé vers le sport

A 13 ans, Kilian intègre le Centre technique de montagne en Catalogne. Il aligne de fabuleux résultats en ski alpinisme ; en 2008, il gagne la Pierra Menta, la plus renommée de courses. L’été 2006, alors qu’il s’est cassé la rotule, il commence à courir pour retrouver sa forme. «La course c’est simple, apprécie-t-il. Tu prends tes baskets et tu pars.» Kilian ne fait rien à moitié : il remporte la Coupe du monde de sky running en 2007 et 2008, puis l’UTMB.

Avec lui, le monde de l’ultra- trail, ces courses très longues, en pleine nature et semi-autonomie, franchit un cap : l’arrivée de coureurs semi-professionnels. Etudiant en Staps à Font-Romeu, et sponsorisé par Salomon,

Passion. Kilian Jornet peut se consacrer à sa passion. Pour préparer l’UTMB, il est parti il y a plus d’un mois, a enchaîné des trails en Suisse et en Italie. Il est arrivé à Chamonix il y a trois semaines, où l’ont rejoint sa copine, sa sœur et sa mère. Et, depuis, n’a pas cessé de courir. «La semaine dernière, en courant, il a regardé le Mont-Blanc, raconte Noria. Le lendemain, il a chaussé ses baskets, attendu dix heures pour que la neige ne soit pas trop dure et gravi le mythique sommet, en 3h58

«Il se comporte en pro, observe Jérôme Décisier, responsable du développement de Salomon. Et il veut battre des records.» En juin, Kilian Jornet est parti sur le GR 20 en Corse et l’a bouclé en 32 heures 54 minutes, améliorant le meilleur temps de quatre heures. Un phénomène. A l’humilité surprenante. On lui parle records, victoires. Il répond que ce qui lui plaît dans le trail comme dans le ski alpinisme, c’est cet «esprit d’entraide propre à la montagne».

Pascaloup termine la TDS en 17h45′

17h45’27″ / 36 scratch / 12 V1 H

Vous êtes tous des barges ! Et moi aussi !

Hello les coureurs des montagnes !
Bravo à tout le monde pour les exploits du WE ! Que ce soient ceux qui ont du arrêter les larmes aux yeux, ceux qui ont simplement terminé, ou ceux qui nous ont une nouvelle fois surpris par leurs performances…
On est tous un peu fous de se lancer dans de telles aventures et on a tous eu des moments où on se demandait ce qu’on faisait là.
Mais les décors et l’aventure humaine que représentent ces courses sont tels qu’on a tous vécus de grands moments de partage et de solidarité qui font vite oublier les efforts les plus durs.
Bonne récupération à tout le monde et à très bientôt pour d’autres courses, ou simplement d’autres bons moments partagés.
Et merci pour les encouragements, avant, pendant, ou après !
Pascaloup

Trace Ducs de Savoie

Et cette fois… c’est sur la plus haute marche ! Julie, 1ère SEF à la Ronde des Sapins (La Feclaz)

1/SEN FAVARIO JULIE 1h52:17.4

Pascaloup sur la Trace des Ducs de Savoie (TDS)

Après l’UTMB (166 km, D+ 9 400 m) il y a 2 ans et la Petite Trotte à Léon l’année dernière (245 km, D+ 21 000 m), cette année, c’est la Trace des Ducs de Savoie (105 km, D+ 6 700 m). (NDLR : TRANQUILLE !!!)

Départ samedi matin à 5 heures de Chamonix. Arrivée à Courmayeur à ? ? ?
J’aimerais bien y être avant minuit… On verra bien…

Je n’ai pas couru pendant 6 semaines : après la Merell Sky Race à Serre Chevalier en juillet (68 km, D+ 3 500 m, 10:26:01), j’étais totalement HS (NDLR : oui, on sait, on a eu des échos de Cathy :-) !!! : tu arrives plus à faire de meilleurs chronos que les filles maintenant ?).
Et j’ai couru le Bélier à La Clusaz (27 km, D+ 1000 m) dimanche dernier pour voir si je savais encore courir… Ca devrait aller jusqu’au bout, sans autre ambition que me faire plaisir et me promener…

POUR SUIVRE PASCAL EN DIRECT, FICHE COUREUR 9265 >>>
A suivre également sur l’UTMB : Denise, une adorable canadienne qui nous avions rencontré sur la Transmarocaine : dossard 2483 !

Et notre pronostic TIE (c’est le « chouchou » des filles de l’équipe !) : Dawa Sherpa, gagnant de l’UTMB 2009 :-)

Le Tour du Lac de Paladru, dimanche 30 août

Au fait, il y a le tour du lac de Paladru ce WE – 14 km.
Des intéressé(e)s de dernière minute ? Je ne sais pas encore si j’y vais car cyclo-sportive du club le 13 sept. Il faut donc que je roule un peu, même si je m’aperçois que de courir m’apporte beaucoup en vélo.
Franck
Le Tour du Lac de Paladru >>>

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